RetourUniversités d'Eté Euroméditerranénnes des Homosexualités de Marseille Du 16 au 23 juillet, sous le soleil exactement ! Créées en 1979, les UEEH ont lieu tous les deux ans jusqu'en 1987. En 1999, des nostalgiques décident de relancer le mouvement. En 2003, il est décidé de reprendre l'organisation sur la base de l'autogestion et, que la mixité (dans tous ses états) et l'internationalisation soient les priorités. Quatre ans plus tard, que restent-ils de ces belles résolutions ? Certes, les UEEH se passent dans un lieu idyllique, au milieu de la pinède de l'Université de Luminy, mais ce n'est pas pour autant que l'on peut se croire au Club Med. Ici, la vie en communauté est basée sur le principe : "Si tu penses que c'est important, fais-le toi-même." Et cela fonctionne plutôt bien, même s'il y a toujours des difficultés à lâcher 650 personnes (surtout si elles sont LGTBQI !) dans un espace de liberté. Les premières participantEs (féminisation obligatoire aux UEEH) à un tel concept sont les militantEs qui créent les animations. C'est une belle occasion de se retrouver, d'échanger, et quelques fois de projeter ensemble… selon les affinités ! En tout cas, la dynamique est déjà là et de nombreux ateliers sont proposés sur des thématiques militantes (Combattre l'homophobie à l'école), culturelles (Opéra et transidentités), ludiques (Comment épater les meufs ?), pratiques (cours d'auto-défense). Un forum est consacré à la solidarité internationale, 50 personnes sont venues de différents pays (Liban, Palestine, Cameroun, Côte d'Ivoire, Arménie, Roumanie, Espagne, Portugal, Maroc…) pour animer des ateliers très enrichissants. Si l'internationalisation est en bonne voie de développement, c'est la question de genre qui est vraiment à l'honneur cette année. "Féminisme et mixité – Les UEEH, rencontre Lesbigaytrans'queer, comment vivre ensemble ?" est le sujet du premier forum. Le débat tourne autour de la mixité parce que des espaces (3ème étage du dortoir, Agora Monique Wittig) non-mixtes ont été créés. Le débat est animé ! Cette confrontation de certains pds et certaines gouines peut paraître surprenante ici, où le genre ne devrait plus avoir d'importance !?! Comment casser la binarité, si on oppose encore le féminin au masculin ? Heureusement, ce ne sont pas quelques réfractaires qui empêchent le mouvement d'avancer. Les Trans de tous genres sont bien là, visibles et actives pour relever le défi. Et depuis l'année dernière avec l'intervention d'une personne Intersexe, le sujet n'est plus tabou (d'où le i de LGBTQI). Je participe à l'atelier : "Regard sur l'intersexualité" et je suis fascinée de découvrir un monde presque invisible pour moi. Nous sommes nombreux, le sujet intéresse et cela me réconforte. Les UEEH doivent rester un espace de liberté où chacunE peut être soi-même tout en jouant avec les genres. D'ailleurs, la meilleure animation de mes soirées est d'être à la sortie de la Fringothèque et d'observer les personnes qui en sortent relookées. Enfin, sauf le vendredi soir où j'ai passé la soirée avec trois copines (dont une que vous connaissez bien !) à boire des bières et parler sexe ! L'aspect culturel n'est pas négligé, de nombreuses artistes s'impliquent. Ma curiosité, naturellement féminine, me porte jusqu'à l'ile de Lesbos des Dyke Rivers. Derrière ce jeu de mots rigolo, un collectif de gouines et un pd (plasticiennes, sérigraphe et styliste) qui propose un atelier interactif dans la lignée du Dinner Party (1974) de Judy Chicago. Un premier temps mixte dans la salle Virginia Woolf où de bric et de broc, l'île de Lesbos a été recréée. Un deuxième temps non-mixte, un repas où chacune dessine son sexe et note son icône gouine dans son assiette. Avec en apéro, un atelier de sculpture de sex-toys en légumes qui ont été mangés ! L'idée finale est de construire une représentation collective de la gouine 2007 car tout est toujours en mouvement. Le samedi, un colloque est organisé à Marseille… cruel dilemme… il faut sortir du paradis !?! Une affichette annonce : Colloque ou Calanques ? Hum, j'ai fait mon choix, vilaine militante que je suis, mais je ne regrette pas car j'ai passé un agréable moment en charmante compagnie… Beaucoup ont fait comme moi, le même choix ! Mais franchement, les Calanques c'est trop beau ! Fabienne Larrivière : http://www.nightbirdlife.com